Lilia • « Papaaa, je veux une tarte ! »

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a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 21:00
Lilia Dolce




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« Papaaa, je veux une tarte ! »

Nom. Dolce.
Prénom(s). Lilia.
Surnom(s). Lia, Lili, Li...
Âge. 13 ans.
Sexe. Féminin.
Date&lieu de naissance. 31 Août 2000 ; Venise.
Nationalité. Italienne.
Origines. Fle---... Enfin italiennes.
Sexualité. Papa ne la laisserait pas en avoir.
Groupe. Visionnaires.
Rôle. Étudiante.
Est ici depuis. 1 ans.
Feat. Chrome Dokuro - Reborn.


DERRIÈRE L’ÉCRAN

Pseudo. ST. C'est les initiales de mon nom d'artiste.. mais sur les forums je porte le pseudo très original d'aslinn.
Âge. 10 ans.. depuis 5 ans.
Comment es-tu tombé là ?. Papa a été me chercher dans ma fleur... Enfin j'ai été traînée de force par Concombre ♥️ Sinon j'avais aussi connu via SOS (demande d'avis)
Suggestions ?. Heu, alors, oui, quand on clique sur le 2ème RP libre sur le widget, là, il affiche pas bien... ici donc il faudrait mettre un "target: _blank" !

EDIT : Une zone "crédit" dans les infos de profil pour créditer celui qui a fait son avatar ? Même si on peut le faire dans la signature..
Le code. OKAY PAR JURI

PS : Me voilà dooonc o/ J'espère que c'est pas trop nul.. euh, j'ai conscience que j'écris mal, je suis inexpérimentée et tout, mais hm, je suis là pour m'améliorer aussi... ;; Bref, je ne vous en voudrai pas si vous n'avez pas le courage de lire.. Et donc je prie pour être bien accueillie parmi vous omg

JUSTE PAS GRAND CHOSE.

Lilia, pour les autres, tu n’es pas grand-chose. Une ombre qui file, une silhouette qui se moue dans l’ombre, toujours effacée. Toujours hésitante, aussi ; tu ne sais jamais si tu dois sourire, ou si tu dois t’éloigner. Et au final, tu changes en fonction de la situation. Tantôt enfantine, tantôt sombre ; parfois ici, parfois ailleurs, on ne sait jamais vraiment.

Le plus souvent, tu te contentes d’aller là où tu dois te rendre, sans détour, sans fioriture. Tu suis les cours parce qu’il faut apprendre, tu dors parce qu’il faut être en forme. Une vie de robot, en somme. Programmée dans ses moindres détails, perfectionnée à l’usage. Tu ne sembles ni heureuse, ni contrariée, c’est une façon pour toi de t’éloigner de tout ; les étrangers, les autres, ceux qui n’ont ni ta culture, ni ta langue, ni quoi que ce soit en commun avec toi, ceux qui trempent dans cette histoire d’esprits un peu trop sombre et irréelle à ton goût. Dans chaque tulipe, tu vois une fleur fanée à l’image de ton détachement. Pourquoi ? Parce que tu ne t’habitues pas encore, ou tu t’habitues trop. On pourrait appeler ça le mal du pays. Tu es réservée et taciturne ; ce n’est pas par timidité, ni par haine. C’est juste que tu ne te sens à ta place nulle part. Rien ne t’attache, rien ne te ressemble. Tu es un aigle qui tourne autour d’un repas. Tu devrais piquer, là, descendre pour te saisir de ta proie, remettre les pieds sur terre, ou bien partir, aller voir ailleurs s’il y a quelque chose pour toi ; mais tu ne peux ni partir ni descendre. Hayasaki est ta prison, qu’on veut te faire passer pour un asile tranquille. Tu es trop jeune, toi, pour réussir à aimer cet endroit qui te volera ton adolescence, ta jeunesse, pour ne te relâcher qu’à tes 21 ans. Tu le hais, de tout ton être, cet établissement obscur, ce projet dont on ne sait rien.

Et pourtant. Tu n’éprouves aucune tristesse dans cet endroit qui te répugne. Tu n’as même plus le désir de t’en aller, car quelque chose de plus fort que tout le reste te retient, là, et te ferais dire que tu ne partiras pas même si la porte t’est grande ouverte. Ce n’est pas un symbole, ni un ange, même pas une quelconque croyance.

C’est juste quelqu’un. Ce n’est pas Alejandro, ni Al’, ni le concierge, ni l’homme aux cheveux bruns, ni qui que ce soit d’autre. C’est juste Papa. Papa, ses gâteaux, sa gentillesse, sa générosité. Papa, dont tu crois tout savoir, mais dont tu ne sais rien. Papa, c’est le geôlier le sauveur ; et c’est parce qu’il a décidé d’aller à Hayasaki, parce qu’il pense que c’est la meilleure chose, que tu ne t’en iras pas. Jamais. Quel qu’en soit le prix. En sa présence, tu remontes le temps, transcende les époques ; plus rien de mauvais n’existe. Tu souris, ou du moins essaies de montrer que tout va bien, et tu n’as plus peur de rien. Même les esprits, même ces monstres qui te font si peur, tu les vois comme de simples illusions sans intérêt. Même le gros chat noir, au final, il ne fait plus peur. Papa, c’est ta nationalité, ta patrie, ton origine ; où que vous soyez, même en enfer, même dans un autre univers, il est ta maison, le refuge où tu es sûr que t’attendra toujours une tasse de lait chaud. Il sera toujours souriant, toujours là. Tu ne peux rien lui cacher, et tu bois aveuglément chacune de ses paroles. S’il te disait que les poneys sont des êtres supérieurs à l’Homme, alors, très probablement, tu y croirais, et tu louerais l’intelligence de ces animaux. Pas parce que tu as la certitude qu’il dit la vérité, après tout chacun sait mentir, mais parce que tu veux le suivre. Où qu’il aille, quoi qu’il fasse, même si c’est mauvais, même si c’est faux. Il ne te reste que lui, maintenant ; pour ça, tu es possessive, et tu ne laisseras personne te voler ton Papa. S’il reste trop longtemps avec quelqu’un, s’il ne se retourne même pas pour te souhaiter bonjour, c’est une trahison. Pour lui, tu t’efforces de ne pas céder, et de te montrer sous ton plus beau jour, alors, si tu n’exiges pas qu’il en fasse autant, tu désires son affection. S’il demande quelque chose, tu le fais sans broncher, plus pour ne pas le contrarier que par simple charité. Tu ne crains pas de le voir un jour te haïr, parce que c’est trop dur de l’imaginer, et qu’il a toujours été aimant, mais c’est une crainte plus profonde, celle de le voir s’éloigner, simplement. S’il devient, lui aussi, un étranger, alors que restera-t-il ?

Pas grand-chose. Oui, tu deviendras ce que tu es déjà pour la plupart des gens. Pour l’instant, ça va, car il est encore là, comme depuis toujours. Pour l’instant, rien à craindre, tu as une raison d’être, aussi bête soit-elle. Tu n’as pas besoin de découvrir tous ses secrets, tu n’as pas besoin de te rendre compte de leur existence pourtant flagrante.
Tout va bien.



RIEN N'EST JAMAIS VRAI.




Lilia, c’est le nom d’une fleur, d’une douce plante qui se balance en fonction du vent. Ce nom, c’est là où Papa l’a trouvé. Pourquoi Lilia, et pourquoi pas autre chose ? Il te le dit toujours, c’est parce que tu es née dans une belle fleur aux éclats brillants, et qu’il t’a trouvée là, toute petite, toute mignonne. Papa raconte qu’ensuite, il a demandé de l’aide à deux fées, qui se sont occupées de toi quand tu étais bébé. Mais les fées sont surchargées, alors, elles ont dû demander à leur subordonné – Papa – de t’élever comme il faudrait. Depuis ta naissance, tu vois les esprits, et tu vois aussi la méchante sorcière qui essaie de te faire du mal. Le gros chat noir, avec des tâches, qui suit toujours Papa, et dont il ne faut jamais s’approcher. Jamais.

Et si tu t’approchais de la vérité, que se passerait-il ?






2 Janvier 2012

Ce matin, l’air est glacé.

Ce matin, la neige montre son grand manteau blanc, car c’est les premiers flocons de l’année, ceux qu’on attend avec impatience à chaque fois et que l’on admire volontiers tomber depuis chez soi, désireux d’aller les rejoindre dans l’étendue immaculée et froide. On peut admirer les arbres recouverts, un café encore bouillant dans la main gauche, et se vautrer dans un canapé, rapproché de la cheminée pour l’occasion.

Ce matin, il n’y a pas d’étendue immaculée, pas d’arbre recouvert, pas de café bouillant, pas de canapé près de la cheminée. Ce matin, on ne fait ni bonhomme de neige, ni patinage. Non pas que Papa ait interdit de s’amuser, aujourd’hui ; d’ailleurs, il l’encouragerait bien, sûrement, s’il ne savait pas que personne n’avait la tête à ça. Dans les têtes, justement, il ne reste pas grand-chose ; ça va dans tous les sens et ça ne sait pas où se mettre, encore moins quoi dire, parce que tout avance trop vite. Hier, encore, on voyait l’eau couler dans les rues, parfois même des barques osaient flotter dans le canal, remplies de touristes curieux de visiter cette ville unique au monde. Et là, non, plus rien, plus de vitraux magnifiques, plus de promenades idylliques. Il y a bien, ici, de la verdure, mais, décidément, ce n’est pas Venise, c’est dépourvu du charme de l’endroit aimé et connu ; plat, fade, insipide, comme une soupe de vermicelles, sans les vermicelles.

Hayasaki, en réalité, c’est une soupe sans goût. Bien sûr, Papa tenait absolument à y aller, puisque c’est selon lui le meilleur qu’on puisse faire. Rien que pour pouvoir être devant ces deux énormes bâtiments, il en a fallu, du travail ; c’était changer de pays, de culture, de langue, claquer la porte derrière soi sans avoir vu devant. Alors, tous les ans, pendant deux ans, il a fallu persévérer. Au début, ça pouvait passer pour des vacances, la ville qu’on irait visiter pour changer d’air… pas pour y rester. Hélas, le billet d’avion ne mentionnait qu’un aller simple.

Papa est là, il traîne péniblement ses valises jusqu’à l’entrée. Il a trouvé un nouveau job, ici, dans ce pensionnat, et il aura son propre appartement. Dedans, il pourra faire les pâtisseries qu’il réalise si bien, et avec tant d’amour. Il a promis, d’ailleurs, qu’il ferait une tarte, après le décalage horaire, le trajet, l’emménagement ; quand tout ça serait passé, il se remettra à cuisiner.

« J’ai froid… »

Il fait -1°C. La météo signale également un vent frais en direction de l’est. Pourquoi ne pas rentrer, alors ? Parce qu’il est 5 heures du matin, et que personne ne viendra ouvrir. Et impossible d’aller visiter les alentours, car il faut surveiller les bagages, et se tenir prêts à les décharger. De toute façon, c’est Tokyo, mais ça n’est pas la ville ; outre l’imposante construction, légèrement fleurie, l’on aperçoit une gigantesque forêt, et le reste semble dépeuplé.

Les gens à l’intérieur sont-ils si bizarres que ça ? On raconte des tas de choses, mais y en a-t-il une seule de vraie ? Le seul moyen de savoir, c’est de passer la porte, ce qui serait fait de toute façon un jour ou l’autre… Si tout ne s’arrête pas avant. L’hypothermie est facile.

« Dis, Papa ! »

Mais il est là, lui, alors on oublie tout. Le froid, la tristesse, le dépaysement, le voyage, la tête qui tourne, la situation. On reste là pour lui, même s’il faut attendre. Et puis, c’est pas si mal, de prendre l’air frais, sachant qu’on passera de nombreuses années enfermées entre ces murs, n’est-ce pas ?

« Tu crois que la cuisine sera bonne ? »

Après tout, ça ne fait rien. Papa pourra cuisiner. Mais, parfois, l’idée de pouvoir faire sans lui revient ; cette sensation oppressante qu’on grandit, et qu’on doit, à son tour, faire les choses. De temps en temps, oui, Lilia, tu t’imagines qu’un jour il ne sera plus derrière toi…

« En tout cas, c’est sûr qu’ils ne feront pas d’aussi bonnes tartes que toi ! »

Hélas, tout ça s’évapore bien vite, pour peut-être ne jamais revenir. Ou tout du moins s’évanouir, noyé par quelque chose d’autre. Car rien ne disparait.





3 Juillet 2005

Un monstre est ici. Il a les yeux jaunes, brillants, tranchants, qui pourraient vous dévorer en un regard, tant ils débordent de dangerosité. Sont-ils maléfiques, attentionnés, plein de vices, ou seuls ? C’est une énigme qu’il faut interpréter, un puzzle que personne ne pourra résoudre, car il n’y a qu’une seule pièce et qu’il manque toutes les autres.

La bête lève sa patte poilue, qu’elle agite pour une raison incompréhensible. Ensuite elle avance, prudemment, dans le couloir. Ses pas sont lents et méthodiques ; elle sait assurément où elle va. Sa grande silhouette forme une ombre cruelle sur le plancher. Et pourtant, des gens passent, sans jeter un regard sur cette affreuse créature.

Pourquoi ? Toi, tu vois distinctement cet ours avancer sans peine. Toi, tu trembles, tu recules, tu vas te cacher derrière Papa, et tu sanglotes discrètement. Tu essaies de fermer les yeux, mais, il a ce je-ne-sais-quoi qui capture le regard, emprisonne l’esprit, et rend impossible de penser à autre chose.

« Papa, j’ai peur…. »

Il est entouré d’une aura malsaine, démoniaque. Mais qui passe inaperçue. Cette chose est comme le « gros chat noir » de Papa, qui se trouve parfois près de lui, sans qu’ils se parlent jamais. L’ours heurte un passant, qui se retourne, étonné de constater qu’il n’y a personne derrière lui. Des esprits, c’est ça. Ces animaux invisibles et qui font peur. Des monstres terrifiants. Terrifiants, mais pas dangereux. Ce ne sont, après tout, que des espèces d’illusions. Des fantômes qui errent, qui passent et qui repassent, sans laisser aucune trace. D’après Papa, peu de gens remarquent leur présence. Ou alors font-ils semblant de ne pas savoir, pour rester encore dans ce monde qui semble rationnel.

L’ours passe à travers la porte d’une cabine téléphonique, dont l’intérieur est vide.

« Il a disparu… »

L’eau émet un clapotement sonore. Le pêcheur, planté là depuis plusieurs heures, tire sur sa canne, plongée là dans un des canaux de Venise. Un poisson, pris dans le hanneton, est éjecté hors de l’eau ; l’homme, satisfait, l’arrache à son fil de nylon et l’envoie mourir dans son grand bac.




18 Janvier 2012

Rouge, bleu, jaune, vert.
Orange, rose, violet.
Turquoise, doré.
Noir.

Les bonbons luisent sur la commode, tels de petites étoiles dans le firmament. Le bocal est légèrement penché ; un trombone a été placé en-dessous, sur le côté gauche. Un couvercle, de ceux qu’il faut tourner pour ouvrir, blanc et propre, recouverte la boîte transparente. Il semble légèrement dévissé. À l’intérieur, il reste encore toutes les sucreries, charmant de leur douce lueur ceux qui les regardent. Mangez-moi. Mangez-moi. S’ils pouvaient parler, ils auraient le chant des sirènes, sans qu’aucune cire ne puisse le retenir d’accomplir leurs méfaits. Enfant, nous tombons facilement dans le vil piège de ces créatures, qui seraient comme venues d’une autre planète, pour faire basculer le nôtre dans une débauche sucrée.

Malheureusement pour ces démons, Lilia, tu ne tomberas pas dans leur piège. Tes yeux ont beau examiner en profondeur le petit bocal transparent, jamais tu ne daignes montrer la moindre envie. Si ce meuble avait été vide, tu aurais réagi de la même manière, ou aurais juste fixé autre chose, comme le paquet d’agrafes, laconiquement posé sur le bureau. La tête posée sur les mains, le corps avachi sur le lit, les cheveux à moitié ébouriffés. C’est la pose que tu prends lorsque tu fais la tête. Où regardes-tu vraiment ? Qui se cache derrière ce visage enfantin ?

Cela fait deux semaines que tu es à Hayasaki. Et tu ne t’y fais pas. La langue, la culture, tout ça ; tu pensais, pendant l’entraînement avec Papa, que tu pourrais maîtriser une fois sur le terrain, et que ça ne poserait aucun problème. Tu pensais que de ne plus entendre, voir et ressentir le doux tintement de l’eau qui s’écoulait si paisiblement, ça ne serait pas dérangeant, juste déstabilisant au début. Tu pensais qu’être autonome, passer la journée loin de Papa, sans même vivre avec lui, juste le croiser pour goûter, et quelques fois dans l’après-midi, ça ne serait pas la pire des choses. Tu pensais que tous ces inconnus, ils pouvaient bien ressentir exactement la même chose que toi, et que tu finirais par mieux les connaître. Tu pensais que l’établissement, sa nature omniprésente, le contraste entre ses deux bâtiments, le dîner à vingt heures, ce deviendrait vite une habitude. Et finalement, tout ça, c’était du vent, du pipo auquel tu n’avais toi-même jamais cru. Tu es désespérément seule dans ce monde gigantesque. Même Papa semble s’y plaire et s’y adapter. Mais pas toi. Il a personnalisé son intérieur. Tu n’as rien ajouté à ta chambre. Il a Shade, sa panthère de compagnie, à qui il peut parler lorsqu’il n’arrive pas à dormir. Tu n’as que la paume de tes mains pour faire échouer tes larmes. Tu es si malheureuse, et tu fais tâche dans cet océan de gaieté.

On frappe à la porte de la chambre. Tu te lèves, précipitamment, pour aller ouvrir. Ce doit être lui. Car lui seul irait taper de cette façon qui rend si nostalgique. Lui seul serait venu à cette heure. Il ne doit rien voir de tes tourments. Tu tentes d’esquisser un sourire enjoué sur ton visage, comme on s’étirerait les doigts pour afficher un chiffre.

Et quand la porte s’ouvre, il ne reste qu’une Lilia qui serrera son père dans ses bras, qui dira que tout va bien. Tu ne peux pas encore lui dire. Car ça pourrait changer. Au fond, tu espères que toi aussi, tu diras que ce pensionnat est le meilleur endroit où rester.

Les bonbons luisent sur la commode, encore sagement agglutinés dans leur bocal. D’où viennent-ils, déjà ? Personne ne les a offerts, personne ne les a posés. Ils sont là, juste beaux à être regardés. Ou alors, on n’ose pas les toucher, parce qu’ils rappellent trop de belles choses qui ont disparu. Ils ont beau être magnifiques, après tout, ils sont périmés depuis longtemps.



???

« Oooh, r’garde-moi cette truite ! È bellissima ! J’en avais pas pêché com’ ça d’puis des lustres. Dis donc, tu m’portes chance toi ! … Au fait, bambina, tu restes encore longtemps ? C’est qu’y s’fait tard ! »

Pedro observe le soleil couchant, dont le reflet forme une impression saisissante à la surface de l’eau. Ce soir n’est pas différent d’un autre ; toujours aussi beau, et il était impossible d’admirer ce paysage sans désirer le revoir. À cette heure-là, le temps semble se ralentir, comme pour profiter de l’instant. Les enfants ne chahutent plus, les oiseaux interrompent leur chorale, et le cour du canal lui-même semble s’apaiser pour remplir avec plus de réalisme son rôle de miroir.

Pourtant, Pedro et toi, vous ne regardez pas ce spectacle avec la même intensité. Vos yeux se croisent plus qu’ils ne contemplent, comme s’ils tentaient de se saisir une dernière fois avant une ultime séparation. La conversation n’avait pourtant jamais eu lieu, mais la rumeur de la ville semble souffler aux oreilles de ses habitants, comme pour les prévenir. Prévenir de quoi ?

« Bah, j’suis sûre qu’tu te plairas là-bas, va. Al’ est avec toi, n’est-ce pas ? Donc t’as pas d’soucis à t’faire. Ecco…. »

D’un départ imminent vers l’inconnu. Tu connais Pedro depuis de nombreuses années, comme d’autres habitants de la cité, et finalement, tu n’aurais jamais pu penser avoir si mal au moment des séparations. Définitives ? Oui, probablement. Il se fait vieux, et sa santé ne s’améliore pas. Tu seras loin pendant au moins neuf années, et d’ici là…

« J’espère qu’parfois t’penseras un peu à c’lui qui t’a appris à pêcher ! Allez, file, ton père va s’mettre en rogne sinon. »

À peine t’es-tu éloignée que le vieil homme se tourne à nouveau vers le canal, d’un air songeur.




Ce soir, il pleut. Les gouttes tombent mollement sur les parapluies, les cheveux, les vitres et les plantes assoiffées. Le soleil est à son crépuscule, mais il n’a pas, ou n’a plus, l’intensité qui fait qu’on s’y attarde. Les gens rentrent, partent, s’agitent dans la cour. Le brouillard a régné toute la matinée, et l’après-midi n’a été qu’alternance entre pluie et soleil, provoquant ci et là quelques arcs-en-ciel.

Ce soir est une triste fête. Déjà un an que tu erres entre ces murs, étudiant tant bien que mal au milieu des esprits, des détenteurs, des humains qui ne voient rien, et des « visionnaires » comme toi. Tu ne t’y es pas vraiment fait d’amis, ni d’ennemis ; ou alors tu n’en as pas conscience, parce que ça te dépasse. Qu’ils viennent, ou qu’ils fuient, ça n’a après tout aucune espèce d’importance. Car ce ne sont que de lointains inconnus. Ils te trouvent bizarre, peut-être ? Non. À tes yeux, tu respires la banalité, même si tes yeux à toi sont violets, même si tu as teint tes cheveux, même si tu as l’air borgne alors que tu vois parfaitement de l’œil droit. Tu viens, et tu y vis encore parfois, de cette cité du Carnaval ; tu es née dans cette fantaisie lugubre entretenue par Papa. Pour toi, rien n’est particulièrement étrange, puisque tu croises ce qui ne devrait pas exister tous les jours. C’est plutôt ce pays où tout le monde a les cheveux noirs que tu trouves anormal…

Il est 19h50. Le repas du soir va commencer. Tu cherches Papa du regard. Il n’est pas loin, n’est-ce pas ? Vous ne pouvez pas manger l’un à côté de l’autre, mais vous êtes toujours près, et vous arrangez pour l’être. Les gens se pressent à l’entrée, attisés par l’odeur des pâtes qui bouillent. Et toi, non, tu ne te précipites nulle part, parce que tu es comme ça. Tu préfères les ignorer, parce qu’Hayasaki est déjà assez horrible comme ça… Par facilité, on peut ça comme ça, oui.

Tout semble figé, menant irrémédiablement à une fin tragique. Jusqu’à maintenant, tout allait bien, parce que tu suivais Papa aveuglément sans prendre conscience, mais aujourd’hui est différent d’hier, et on ne sait jamais. Jamais…. Et si tu savais, que se passerait-il ?



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a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 21:03
Ma fifilleeeeeeeeeeeeee ♥️
PAPA T'AIME.
non sérieusement je. je l'aime cette petite. très fort.

heartballoon
Bienvenuuue ♪
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Humeur : (╯°□°)╯︵ ┻━┻

a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 21:28
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BIENVENUE LILIA ! il claque la banane ton avatar ainsi que le personnage en lui-même. **
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Humeur : Normale, je dirais.

a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 21:34
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Bienvenue




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a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 21:37
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Genre tu es inexpérimentée, tu sais pas écrire. GENRE.
On se fout de la gueule du monde moi je dis.

J'aurais pu te souhaiter bienvenue mais ta fiche m'envoûûûûte. pwease
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a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 22:47
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    Bienvenue sur le forum. ^-^
    Ta perso' est trop mignonne ! **
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a écrit ce message le : Dim 17 Mar - 23:00

Guuuh. Merci à tous pour votre accueil ;_; Je pensais que vous alliez m'expédier à l'autre bout de la galaxie avec un coup de sabot, en fait...


Papa♥️ ▬ TA FIFILLE T'AIME AUSSI !! ヽ(゚Д゚)ノ
Abi' ▬ Mercii ! Et euh l'avatar aucun mérite tout revient à Papa..
Jack ▬ Grazie mille !
Cyrielle ▬ Pas tant que ça D8... Je.. Je suis touchée, mais, faut pas :c
Amy ▬ Le tiens aussi ♥️ (oui j'ai passé une semaine à vadrouiller sur les fiches..)

Bref au plaisir de jouer avec vous tous un jour happy
Pour l'instant, je croise les doigts pour ma validation. èé


EDIT : Minuit pile !
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a écrit ce message le : Lun 18 Mar - 7:05
    Owiii Chrome est lààààààà !

    Bienvenue sur le forum ! Ton avatar est trop jolie la
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admin pedobear aux petits papiers
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Relationship : Viens, j'ai des curlys ♥️
Présentation : J'me présente, je m'appelle Juri ♪
Humeur : Festive ♪

a écrit ce message le : Lun 18 Mar - 11:36
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Omygaaaaaaaaaad. omg omagad absence of mind *orgasme des yeux en lisant la fiche*
Je rejoins totalement l'avis de Cyrielle sur ton inexpérience et ton incapacité à écrire : GENRE.

Eh bien, j'étais passé pour lire ta fiche et te dire ce qu'il fallait revoir avant de la valider, mais tout est tellement parfait que j'ai rien à faire à part te souhaiter la bienvenue, te pré-valider avec joie et te couvrir de mon amour pwease

J'ai juste une question, sans rapport avec ta validation : si elle y voit bien de l'oeil droit, pourquoi elle porte un bandeau ? °°


I LOVE TOMATO.
avatars; Teijo, Abigail & Mizuki. Merciiii ♥
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a écrit ce message le : Lun 18 Mar - 17:23

Lou ▬ Merci de ton accueil hug Et euh l'avatar encore une fois il faut baver sur le conc--- enfin Papa ♥️

Juri ▬ Mais euh c'est vraii, en RP je suis lamentable. x0x Et euh merci très fort pour les compliments, ça me touche qu'on apprécie ce que je fais ♥️

Merci beaucoup pour la prévalidation, je stressais à mort parce que rien ne me semblait claire ;w; ♥️♥️ Je trépigne d'impatience à l'idée d'une validation officielle.. /re-stresse/


Par rapport à ta question, Juri, l'histoire le justifie en partie : elle veut se différencier, ou plutôt vivre dans la différence, parce que toute son enfance est bercée dans la fantaisie, alors fantasque, elle l'est un peu aussi. En somme, c'est pour décorer, simplement, parce que ça reste une gamine. ^^ C'comme, euuh, un enfant qui voit que son copain a des lunettes et qu'il en veut aussi, tout ça. Mais j'imagine qu'elle le garde pas tout le temps, c'est juste pour parader.
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Terminés: ♥️
Humeur : Flemmarde.

a écrit ce message le : Lun 18 Mar - 17:58
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Omg ton avatar. ♥
Bienvenuuue !
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fonda. « black cat is watching you »
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Âge du perso' : 17 ans
Classe spirituelle : Détentrice
Alter ego : un chat de gouttière noir, Caeliste.
Métier/rôle : Simple étudiante en cinquième année.
Logement : chambre 07, box 1.
Avatar : Rin Kagamine (voca)
Relationship : Hide & seek (en reconstruction BOUH).
Présentation : Ashes & wind..
Mes rps : (www) Jouons à chat ! ▬ feat. Ayaka.
(www) Comme un chat trempé dans l'eau. ▬ feat. Juri.
Humeur : Duveteuse.

a écrit ce message le : Lun 18 Mar - 20:03
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CHROME. lovely Avec un avatar à tomber par terre & un style d'écriture magnifique, qui plus est. & ohoh, on se connaît non ?
Brefeuh, après le passage de Juri, je te valide. :3

tout est bon, t'es validé(e) !

félicitations
Le domaine Hayasaki t'ouvre ses portes ! Tu seras chambre n°08. N'oublie pas de le noter dans ton profil !

Désormais, tu peux commencer le RP en faisant une demande de sujet (www), trouver des potes grâce aux fiches de relations (www) ou même spammer le flood (www) ! Un petit tour au bottin des avatars (www) (ainsi qu'à celui des esprits (www) si tu en possèdes un) s'impose pour faire recenser le(s) tien(s). N'hésite pas à nous rejoindre sur la CB si l'envie te prend, on t’accueillera avec plaisir. ♥️ En espérant que tu t'amuseras parmi nous, bon jeu ! :3


hisae se lamente en #f29e86.
Getcha getcha getcha ya ya da da. Kawaii ne ? ♥ :
 
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a écrit ce message le : Mar 19 Mar - 17:17
Bienvenue sur le forum (avec du retard dsl) excited
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a écrit ce message le : Mar 19 Mar - 17:25


Mizuki ▬ Merci beaucoup ! ♥

Hisae ▬ Mercimerci pour la validation ! ♥ Et non, mon style d'écriture n'est pas magnifique D8 Et sinon on se connait de vue, je crois... enfin je traîne sur SOS sans jamais rien dire, comme un fantôme.. boouh~~

Niali ▬ Mieux vaut tard que jamais :3 Merci !!
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a écrit ce message le : Mar 19 Mar - 17:36
Juste t'es qui sur SOS ?
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Lilia • « Papaaa, je veux une tarte ! »

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