L’effroyable histoire du fantôme alchimiste coupeur de têtes et ce qu’il advint des petites pestes trop curieuses.

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Carnet du paranormal premier du nom ::


« L’avant-propos ou comment un revenant peut en cacher un autre. »
11h13
Aujourd’hui Myrsínē se rêvait en bourreau. Rien de moins. Et la victime était déjà toute désignée. Cette peste de Requiem avait encore bavé dans son dos et il allait le regretter amèrement. Parole de tyran. Il n’avait pas fallu longtemps à Wayuu pour cracher le morceau. Ça non. Vraiment pas. Et depuis le fameux interrogatoire, elle n’avait plus qu’une idée en tête : lui couper sa langue de nain trop bien pendue. Sa vengeance, elle l’avait retourné et ruminé tellement de fois depuis ces derniers jours que son plan lui paraissait en tout point parfait. Infaillible jusqu’à la plus petite finition. Quant à la sentence, elle lui avait paru étonnamment évidente. Toute tentative de discussion n’aurait été que perte de temps. L’enfermement, elle n’avait vu que ça. Pas à vie, bien sûr, et elle le déplorait déjà, mais seulement pour une nuit. Une longue et interminable nuit d’épouvante. Une nuit qu’il n’était pas prêt d’oublier de sitôt.

Un réseau de pestes ne sachant pas garder un secret. C’est tout ce dont elle avait eu besoin pour débuter les préparatifs. Quelques rumeurs lancées de ci-delà, au détour de banales conversations et en moins de quatre jours, tout le monde avait entendu parler de l’effroyable histoire du fantôme alchimiste coupeur de tête qui sévissait dans l’amphithéâtre les soirs de pleine lune. Bien entendu, Myrsínē avait une imagination prolixe mais sûrement pas à ce point. Le téléphone arabe avait joué son rôle à merveille. La simple histoire de revenant avait été transformée, modifiée, déformée et amplifiée pour le plus grand plaisir de sa créatrice. Au fond, l’alchimiste coupeur de têtes, ça sonnait plutôt bien. Elle ignorait pour quelle raison un scientifique occulte aurait fait de la guillotine son arme de prédilection mais cela ne la perturbait pas vraiment. Les adolescents étaient prêts à croire n’importe quoi pourvu que cette chose fût capable de les extirper de leurs mornes conditions d’étudiants sans intérêt. En réfléchissant dans cette optique, toute cette histoire lui avait paru bien plus crédible qu’elle ne l’était auparavant.


Carnet du paranormal second du nom ::


« Les prémices de l’enquête ou comment décrypter un message de l’au-delà. »
15h57
R.A.S,
Ai perdu un pari. Ne souris pas comme un idiot. Je sais. Besoin de ton aide à propos du fantôme alchimiste. Pas un mot aux autres. On part en chasse. Ce soir 21h30 pile. L’arrière cours. Pas de commentaire SVP. Réponse immédiate exigée.
M.S.T

Dans les moments de crise, elle avait toujours pris la peine d’écrire comme dans les télégrammes comme pour économiser ses mots et son énergie. Pour plus de crédibilité, elle n’avait donc pas dérogé à cette règle. Malgré la longueur du mot one peut plus courte, elle avait réussi à en faire neuf brouillons au cours de la journée. Puis, à seize heures très exactement, elle avait glissé le bout de papier dans le casier de Requiem. À seize heure dix au plus tard, elle s’attendait déjà à une réponse positive de la part du garçon. Elle avait patienté bien assez pour attendre au-delà de ce délai. Il était temps pour la petite machinerie diabolique de Myrsínē de se mettre en marche.


Carnet du paranormal troisième du nom ::


« Premiers éléments ou comment réveiller les morts sans faire de bruit. »
20h28.
Confortablement habillée, l’adolescente s’était glissée en dehors de sa chambre sans un mot pour ses colocataires. Personne ne lui avait demandé où elle se rendait. Elles avaient toutes l’habitude de la voir s’éclipser pour ses éternelles parties de cartes du vendredi soir. Jusqu’ici rien ne sortait vraiment de la normal. Avec un peu de chance, si Requiem ne faisait pas trop d’histoire, elle serait même de retour pour le couvre-feu de 22h. Puis tout naturellement, elle avait passé des portes. Traversé des couloirs. Évité pas mal de monde. Trouvé un cadenas. Déniché une grosse chaine en métal. Caché son butin près de l’amphithéâtre. Puis était retournée à l’endroit du rendez-vous cinq minutes avant l’heure prévue. Tant de mal pour une simple querelle d’adolescents sans valeur. C’en était presque trop. La rancune devait sans doute se trouver ailleurs.


Carnet du paranormal quatrième du nom ::


« Les suspects incriminés ou comment l’esprit frappeur devient l’esprit frappé. »
21h29
Adossée contre un arbre de l’arrière cours, Myrsínē semblait préoccupée. Les aiguilles de sa montre indiquaient avec précision 21h30, sans une seule seconde d’avance ni de retard et pourtant aucun nain manchot aux cheveux blond ne s’était présenté à elle. À mesure que le soir s’épaississait en obscurité, il lui semblait apercevoir d’étranges silhouettes en train de se mouvoir. Du genre de celles qui ne se montraient jamais en plein jour. Elle n’avait pas réellement peur. Elle n’était simplement pas rassurée. Alors qu’elle s’apprêtait à réciter dans sa tête l’alphabet à l’envers pour oublier le décor de film d’horreur autour d’elle, un bruit de pas, tout à fait humain cette fois-ci, l’extirpa de sa torpeur paranoïaque. Elle connaissait cette démarche irritante.
    ▬ « T’en a mis du temps, dis-moi. J’avais bien dit '21h30 pile', non ? Je m’attendais à ce que tu sois-là même un peu plus tôt. » Lâcha-t-elle sur un ton qui se voulait particulièrement désinvolte.
    ▬ « Si on veut avoir un semblant de preuve, on devrait se dépêcher. D’après mes sources, personne n’a fermé l’amphi après la dernière répétition du club de théâtre, y a deux jours. C’est maintenant ou jamais… »
Le moment de vérité avait sonné. Si talents d’actrice elle avait, Myrsínē comptait bien sur eux pour mener à bien sa petite entourloupe. Dans l’obscurité, elle s’était tournée vers le garçon et lui avait timidement souri du bout de lèvres. Moment précis, où le temps avait choisi de se gâter.




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a écrit ce message le : Lun 1 Avr - 21:21
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J'ai entendu dire que ton cœur se prêtait aux plus folles rumeurs.


« Règle de survie n°1 : énerver les folles furieuses qui passent et se servir de sa tête comme amortisseur. »


L
e rapport médical indique une double fracture du bras et une entorse au petit doigt de la main gauche. C’est avec un rire jaune que Requiem dit à l’infirmière qu’il l’aurait mieux pris si ça avait été la droite. La jeune femme a l’air gêné et finit par le mettre à la porte, lasse de le voir arriver tous les trois jours avec un supplément de bosses, de bleus et d’autres preuves de ses escapades nocturnes, diurnes, elle ne sait pas, pour en amasser autant, il doit forcément passer sa vie dans les ronces ou dans les bois. L’image lui déplait un peu, il a l’air d’un sauvageon. Si ça ne tenait qu’à lui, il garderait sa peau (et le reste) intacte, merci bien, mais voilà qu…POC.

Uh. Poc ?

« JE SUIS DÉSOLÉE JE NE T’AVAIS PAS VUE. »
« C’est… »
« NON VRAIMENT, TU ES TOUTE PETITE, JE SUIS AFFREUSEMENT NAVRÉE, TU NE T’ES PAS FAIT MAL ? TU VEUX QUE JE T’ACCOMPAGNE A TON DORTOIR ? »
« Petite… ? Qu’est-ce que… »
« HIIII MAIS TU ES BLESSÉE ? JE T’AI BLESSÉE ? MON DIEU PARDON PARDON PARDON ! »
« MAIS TU VAS LA FERMER OUI ?»

Un silence de mort s’abat sur le couloir et les quelques malheureux témoins se sauvent en vitesse. Plusieurs réponses possibles. A. L’aura colérique qui se forme autour de Requiem. B. Les larmes qui commencent à perler au coin des yeux de la jeune fille qui l’a bousculé. C. Ils ont soudain quelque chose de très important à faire. D. Ils ont vu des diamants dans le ciel.

Il secoue la tête et lui jette un regard courroucé, d’autant plus irrité qu’il est obligé de lever la tête. Et là. Stupeur. Réalisation.

« Mais. Tu es un garçon. »
« Oui. Je le savais, merci.»
« Tu as une tresse. Et tu fais quoi, un mètre vingt ? »

Ne pas la tuer, ne pas la tuer, ne pas la…

« EST-CE QUE JE T’AI DEMANDE TON AVIS ESPÈCE DE DINDE ? NON SEULEMENT TU ME BOUSCULES MAIS EN PLUS TU M’INSULTES ? DÉGAGE DE LA ! »
« Hé, pas la peine de le prendre sur ce ton ! C’est pas une façon de parler aux filles ! »

Et c’est ainsi que son sac s’abat lourdement sur sa figure. Hallelujah.

_______________________________

L’infirmière ne commente pas quand il revient la voir, 3 minutes plus tard, la joue bleue et enflée. Les lèvres du garçon articulent silencieusement un « Elle avait quoi dans son sac ? Des BRIQUES ? » qui lui donne furieusement envie de rire mais elle se retient, à grand-peine, et le renvoie à nouveau dans son dortoir, accompagné cette fois d’une poche de glace.

Ronchon et trainant des pieds, il s’exécute. Un passage par son casier lui fait froncer les sourcils et il récupère la missive, perplexe. Ses pas finissent par l’amener à sa chambre, heureusement vide d’autre présence que la sienne.

Un léger sourire passe sur ses lèvres en voyant qui est l’expéditeur. Sourire qui s’agrandit en lisant le mot. Sa montre lui indique 17 heures et il décide de ne pas lui répondre. Évidemment, il viendra. La question ne se pose même pas. Mais la petite peste n’a qu’à attendre. On ne peut pas lui en vouloir de ne pas avoir envie de tout de suite la rattraper.



« Règle n° 2 : aller aux rendez-vous nocturnes de votre meilleure ennemie pour chasser des fantômes psychopathes. »


L
a lettre git en petits morceaux dans la poche droite de sa veste. Il l’a déchiquetée sans même y penser. De toute manière, il en connaît le contenu par cœur. Habitué aux ténèbres de la nuit, il déambule jusqu’au point de rendez-vous, s’étire en route. Les couloirs de l’académie lui sont familiers et ce n’est pas la première fois qu’il se retrouvera à chasser le fantôme. La partenaire est inhabituelle mais il la connaît assez pour pouvoir estimer correctement son efficacité. Le fait est, qu’habituellement, elle est dirigée contre lui.

Le bruit de pas à proximité lui fait froncer les sourcils. Il a l’envie stupide de crier « Ohééé, y a quelqu’un ? » mais se retient de justesse et passe la porte de la cour. Ses yeux habitués à l’obscurité y détectent rapidement l’adolescente. À peine est-il arrivé que sa voix sonne désagréablement à ses oreilles. Il étouffe une grimace et s’assoit ostensiblement à terre, en gestes d’une lenteur parfaitement mesurée.

« Tu as peur, Herpès ? On a toute la nuit et crois-en mon expérience, les revenants ne se sentent pas obligés d’aller dormir une fois la nuit tombée. »


Il lui décoche un sourire narquois et tapote la place à côté de lui pour qu’elle s’y assoit. Sans même attendre de réponse, il fait quelques tracés dans la terre à l’aide d’un bâton, dans un plan assez approximatif de leur position.

« Un plan d’attaque. Il faut le prendre par surprise, même s’ils surveillent bien mieux que nous les alentours. Ah et ne pas l’énerver. Et puis… Euh… » Il lui jette un regard hésitant. « Ne pas tenter de pseudo-rituel ni lui balancer un bol de soupe dessus. Ça ne fera que salir le sol. »

Les oreilles rougies par une gêne passagère, il tente de se convaincre que c’était la faute de Rayen, de toute façon et revient à son plan. En quelques traits, il lui indique le chemin à suivre puis, se fige.

« Tu as entendu ? »
Un claquement de pas régulier, de plus en plus proches d’eux, retentit dans le noir. Il se lève en vitesse et l’attrape dans le bras pour courir dans la direction indiquée.

– Il ne s’en rend pas tout de suite compte, pas au début, mais en courant, une scène lui revient en tête, elle, lui, Lili, la vague, les cris, la porte et leur course folle. Sa gorge se noue mais il continue à courir. –

Il lâche son bras comme si elle l’avait brûlé, en refermant la porte de l’amphithéâtre derrière lui. Sa connaissance des salles leur a été salutaire et il arrive presque à avoir l’air satisfait en se tournant vers elle et en scrutant ses traits. Il s’exprime dans un murmure, tout juste audible pour elle.

« On y est. Ne fais pas de bruit et ne fais pas non plus ta diva, on pourrait nous attraper. »

Il sort une petite lampe de poche et grimace, en se disant que niveau discrétion, ils n’ont pas vraiment assuré.


« Règle n° 3 : se disputer pour savoir qui fait quoi. »


U
un soupir douloureusement long.

« Et moi je te dis que tu ferais bien mieux diversion que moi. Je comprends pas pourquoi tu te sens obligée de me contredire sur TOUT. Tu es plus discrète, tu peux te faufiler partout et ton pas est plus léger. Alors POURQUOI tu ne veux pas rester ici en l’attirant vers toi pendant que je me planque plus loin ? »»

Les sourcils froncés, il scrute son visage, tentant de comprendre pourquoi elle est chiante. Si compliquée. Si putain de bornée. Même une vraie MST serait moins tenace, vraiment. Il soupire, tire sa tresse dans un mouvement furieux et se sent plus que jamais conscient des secondes qui passent. Ils se disputent depuis une bonne vingtaine de minutes et pas un ne semble vouloir lâcher l’affaire.

De toute façon, c’est elle qui restera et c’est tout. Il n’a aucune envie d’être celui qui se fera courser par le fantôme, s’il y en a bien un. Autant en profiter.



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a écrit ce message le : Mer 3 Avr - 16:30
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Carnet du paranormal cinquième du nom ::


« Avant le forfait ou comment rencontrer un mort quand on est vivant. »
21h33
Myrsínē leva les yeux au ciel, déjà désespérée par la désagréable acidité du garçon. Ne pas l’étrangler. Une demi-heure tout au plus et tout serait réglé. C’est ce qu’elle se répétait inlassablement pour maintenir ses nerfs sous contrôle. Reprenant une silencieuse bouffé d’air, elle s’accroupit à ses côtés. Elle n’avait aucune intention de s’assoir par terre et de salir ses vêtements si bien choisis. Une diva restait toujours une diva, et ce, peu importait les conditions. Sans ajouter un mot, elle se contenta d’acquiescer au galimatias du ghostbuster en herbe, ne prenant toutefois pas la peine de l’écouter attentivement. Les fantômes, c’était le genre de chose qui lui passait au-dessus de la tête. A des milliers de kilomètres. Si ce n’est plus. Las des conseils inutiles, son regard se détourna un instant du plan dessiné dans la terre pour mieux se concentre sur le plâtre de l’adolescent. Elle venait à peine de le remarquer et ce petit détail fit naitre sur ses lèvres un sourire narquois.
    ▬ « Maintenant t’es manchot des deux bras, bien joué. Mais je n’aurais peut-être pas dû demander l’aide d’un pingouin…»
Elle s’arrêta instinctivement, troublée par l’étrange silence qui venait de se briser. La menace se rapprochait à grand pas. Immobile, elle se contenta de déglutir, non sans difficulté.
    ▬ « Tu as entendu ? »
Elle avait approuvé d’un timide geste de la tête. Puis tout s’était enchainé à une allure folle. À peine le temps de comprendre. La course terminée, elle se revoyait encore en train de courir, agrippée par la froide main mécanique de Requiem, un amer goût de déjà-vu dans la bouche.


Carnet du paranormal sixième du nom ::


« Les lieux du crime ou comment profaner la tombe d’un esprit. »
21h41
Elle s’était emparée de la lampe de poche du garçon sans même lui demander son avis. À peine l’avait-il sortit qu’elle s’était précipitée pour la lui voler. Elle n’avait pas vraiment pensé à ce genre de détail pour revenir en toute tranquillité alors elle y avait remédié rapidement. Le plan ne s’était pas passé totalement comme prévu mais elle allait bientôt reprendre les rênes de toute l’histoire. Elle s’assit sur une table et pointa la lumière en direction du visage de son compagnon d’infortune.
    ▬ « Bon, moi je vérifie si y a quelqu’un dehors et toi tu restes ici et t’essayes d’attirer le fantôme. Ça sera plus simple comme ça, ok ? »
À en juger par l’expression de R.A.S, tout n’allait pas se dérouler aussi simplement. Pourquoi fallait-il qu’il fasse toujours autant d’histoire ? Comme prévu, l’argumentation continua de plus belle. Encore. Et encore. Tout cela n’avait aucun sens, ils n’arriveraient jamais à un accord. Elle en venait presque à regretter d’avoir mis ce plan sur pied. Elle aurait sans doute été plus tranquille dans son lit ou en train de jouer une partie de poker menteur dans la classe de musique du troisième étage, comme à son habitude. Elle aurait voulu que son karma arrête de lui cracher dans l’œil en permanence. Excédée, elle posa violement la lampe torche à côté d’elle, mettant fin aux piaillements désagréables.
    ▬ « Raaah, mais bien sûr ! Tu veux que je reste ici toute seule parce que t’as la frousse des fantômes, c’est tout ! Tu sais quoi ? J’en ai marre : je rentre au dortoir. Tu fais ce que tu veux mais moi j’en ai ma claque. »
Sur ces bonnes paroles, elle se dirigea vers la porte laissant la lampe éteinte sur la table. Il était 21h59. Elle avait tenu en tout et pour tout vingt-neuf minutes. Vingt-neuf minutes de trop. Elle avait vraiment perdu son temps.


Carnet du paranormal septième du nom ::


« Les circonstances de l’enquête ou comment revenir de l’au-delà. »
22h01

La main sur la poignée, elle s’apprêtait à ouvrir la porte de l’amphithéâtre quand des bruits de pas de l’autre côté la statufièrent en un bloc de marbre immobile. Pétrifiée, elle retenait son souffle, comme un condamné prêt à recevoir la peine capitale. Dans toute cette impassibilité apparente, seul son cœur semblait jouir d’une dose d’adrénaline surpuissante. Battant la chamade à une allure folle, il allait finir par lui déchirer la poitrine. Elle ferma les yeux avec vigueur comme pour se persuader que dans quelques secondes elle finirait par se réveiller dans son lit. Mais rien n’arriva et un bruit significatif eut raison de toutes ses espérances. Clic. Clac. Enfin les bruits de pas s’éloignèrent jusqu’à disparaitre, happés par le silence de l’obscurité ambiante.
    ▬ « La groseille…on a un problème. » murmura-t-elle, face contre porte, avant de se retourner très lentement vers lui.
    ▬ « Je crois…qu’on vient de nous enfermer. »



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a écrit ce message le : Mar 9 Avr - 23:36
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Au pays des fantômes, les draps sont sales. Surtout lavés en public.


« Règle n° 4 : être enfermé avec une peste dans nonante-houit mètres carrés. »


U
n silence. Lourd silence, pesant silence, alors qu’il se pince l’arête du nez et qu’il fixe son regard doré sur elle. Il y a sur son visage l’espoir d’une mauvaise blague, d’une entreprise aux desseins capilotractés mais non, celle qui lui fait face est horriblement, véritablement sérieuse. Et merde.

« Tu te fous de moi. Bordel, dis-moi que tu te fous de moi et que tu ne nous as pas enfermé dans ce truc avec tes conneries ! »

Loin de lui l’idée de passer pour un vociférateur. Mais les faits sont là et l’idée de passer une nuit entière enfermée avec elle risque d’être un cauchemar. Une hérésie. Un enfer. Le tout va finir en massacre, ils risquent de finir en morceaux et en plus de son moignon, il risquera de de devoir expliquer que non, il ne s’agit pas d’une excroissance mais bien d’un os qui ressort sur la peau à cause des coups d’une blondinette au mauvais caractère. Pitié, que quelqu’un les sorte de là avant qu’ils ne finissent en pièces.

« Pourquoi tu pouvais juste pas suivre le plan… ? »

Il marmonne des choses indistinctes entre ses dents et se laisse tomber sur un siège, la tête dans les mains. Les pas au dehors se sont éloignés et il se demande si c’est bon signe ou pas. Le fait est que la peur est un facteur intrinsèque des chasses aux fantômes. S’il n’y en a pas un peu pour pimenter le tout, il s’ennuierait.

Oui, mais voilà. D’habitude, c’est Ray’ avec lui et non pas une peste maigrichonne qui arrive à les faire enfermer.

Ça va mal finir, pour de vrai.


« Règle n° 5 : tenter de ne pas oindre le sol de l’amphithéâtre du sang de son associée d’un soir. »


I
l gigote, mal à l’aise, sur le siège qu’il a fini par monopoliser. Une fois la gueulante terminée, un lourd silence s’est installé entre eux. Il lui jette régulièrement des regards de reproche, à la fois énervé contre lui-même et contre elle. Oui, bien entendu, remettre la faute sur elle n’était pas une bonne idée. Mais il sent la rage grandir, chaque moment davantage et c’est dans un soupir exaspéré qu’il se lève et qu’il pointe un doigt rageur sur elle.

« Mais pourquoi tu as refusé le plan ? J’ai bien l’habitude que tu te défiles pour tout mais là, ça me dépasse, Syphilis. Il s’agissait juste de tenter de l’attirer vers ici pour que je m’occupe ensuite de lui ! Il n’y avait rien à risquer, rien à perdre et de toute façon, même si quelqu’un d’autre finit par casser sa pipe, tu t’en fous, non ? »


Il regrette ses mots dès qu’ils sont sortis, se raidit un peu et reprend sagement sa main. Elle retombe, inerte, contre son corps et son souffle s’accélère un peu.

Parler sans blesser. Donner des coups sans faire saigner. Maintenir l’adversaire sans le faire tomber. Il veut juste lui dire, non, pardon, je suis de ton côté, tu sais, arrêtons tout ça mais il n’y arrive pas. Son visage est dur, déjà irrité. Il ne lui faut jamais longtemps pour que la rancœur et la colère prennent à nouveau le pas, dès qu’il est confronté à elle. Il aurait aimé être plus mesuré. Pas de là à sortir les coups d’encensoir, bien entendu mais amoindrir un peu cette colère sourde, ce lui qui n’est pas vraiment lui et qui a envie qu’elle s’effondre à leurs pieds, qu’elle admette quelque chose, peu importe quoi, pour qu’ils puissent se dire qu’ils n’ont pas rêvé, qu’elle ne les as pas tous dupés et qu’elle aussi, peut-être, le regrette un peu, juste un peu.

« Oublie. On devrait trouver un moyen de sortir d’ici. Eh. Tu m’écoutes ? Je pense qu’il faut viser les fenêtres, les portes sont bien trop résistantes et de toute façon, je n’ai plus qu’un bras libre. »

Comme si ça changeait vraiment. Il ne peut s’empêcher d’émettre un rire un peu sec, alors que ses doigts caressent inconsciemment le métal. Il pourrait s’en servir pour défoncer la porte ou la vitre mais il a déjà dû le remplacer quelques fois, depuis qu’il l’a mis. Oui, la douleur reste relativement supportable, à force mais se retrouver dans un état quasi syncopal à cause de ses terminaisons nerveuses en feu n’a jamais été une partie de plaisir. Il n’est absolument pas prêt à sacrifier son confort pour s’éviter une nuit en mauvaise compagnie.

Plus qu’une solution, alors. Oh galère. La suite risque d’être plus explosive que du plutonium.


« Règle n° 6 : trouver un moyen de sortir de là sans trop de heurts. »


L
es bruits du fur et du bois qui s’entrechoquent se font écho dans la nuit.

« Je ne dis pas que nous sommes dans la merde, hein mais je pense qu’on aurait quand même été mieux dans notre lit respectif. Même toi, tu auras préféré ronfler comme un marcassin plutôt que de tenter de faire ça. »

Et tenter de faire quoi… Il aurait parfois voulu être plus grand et plus robuste, histoire de pouvoir déplacer, soulever les choses plus facilement. Demander le concours d’une fille était certes un peu humiliant. Surtout que, concrètement, le spécimen en question n’avait rien d’un cachalot (en apparence, tout du moins, parce que pour le reste, la délicatesse ne l’étouffait pas toujours). Non, c’est plutôt le genre brindille, je souffle, oh tu t’envoles.

« Tu peux juste pousser un peu plus vers la droite ? »

Et les voilà, à tenter d’empiler les bancs pour tenter d’atteindre les hautes fenêtres. Il arrive à peine à distinguer le ciel sombre, au dehors et préfère ne pas penser aux bruits, voilà, il n’y a pas de bruits, c’est mieux comme ça. Ils ne verraient rien venir, de toute façon, la vitre est à quelques mètres au dessus d’eux.

Dans un soupir, il se dit que même une fois à la bonne hauteur, ils vont avoir beaucoup de mal à briser une vitre sans se faire mal et, surtout, à atterrir à l’extérieur sans se casser quoi que ce soit. Il ne garde pas vraiment un bon souvenir des surprises qui attendent en contrebas, il n’a aucune envie de réessayer. Il a déjà fait l’erreur de sauter dans le vide comme un oiseau dans une tirasse. On ne l’y reprendra plus, merci bien.

« Je sais pas si plus de 2 bancs vont tenir et ne pas s’effondrer… Sérieusement, pourquoi on est partis juste toi et moi ? Tête d’algue aurait pu être plus utile, elle est grande, elle, au moins. »

Hôpital, oui, sans doute mais le fait était là, le macrocyste s’étendait sur un bon mètre 75, au moins. Ce qui n’était pas négligeable. Mais elle n’était pas là ce soir, il était coincé avec la peste qu’il avait décidé de suivre. Une façon de faire totalement en contradiction avec la normativité RASienne. Lui qui prenait toujours soin à assurer ses arrières, avait plongé tête baissée.

Ils se reculent à peine pour contempler le spectacle des deux bancs maladroitement empilés qu’ils s’effondrent dans un bruit infernal. Et à eux de les regarder avec un air de cérithe injustement arraché à la mer. Ô injustice, ô désespoir.


« Règle n° 7 : prier pour sa vie, très fort, en espérant rester en un seul morceau après que la chose qui erre n’en ait fini avec eux. »


U
n bruit glaçant, comme un rire, se répercute sur les murs autour d’eux. Le bruit semble avoir éveillé quelque chose, l’avoir mis d’humeur festive parce qu’il rit, rit, à n’en plus finir et le son le fait frissonner.

Il se dit qu’il devrait faire son testament, une fois sorti d’ici. Quelques petits ajouts, des décisions importantes dans sa vie. Il voudra qu’un joue du bongo à son enterrement, voilà, c’est une bonne décision et tout le monde sera heureux.

Il ignore le tiraillement d’une main sur son pull et regarde partout autour de lui sauf vers Myrsinë. La chose est surement dans la salle, le son vient de partout à la fois. Il tente d’articuler quelques mots et finit par toussoter, tant sa gorge est sèche, avant de se reprendre.

« Hé, Pikachu, tu pourrais pas nous tirer d’affaire, là ? Je sais pas, une idée de génie ou un coup de bluff comme tu les aimes parce que moi, je n’ai rien sous la manche. »

Il sait que c’est triste d’en arriver là mais il n’y a pas vraiment le choix. Et quand on a uniquement quelque chose comme MST dans son pokédex, il faut bien se contenter de peu et tenter de faire avec. Le prie qu’elle puisse infliger à cet alchimiste dont on vante les méfaits serait… de lui rire à la figure. Mais oui !

« Hé, attends, attends ! Tu ne peux pas appeler ta bestiole ? Tu ne peux pas lui faire prévenir les autres ? ! »


Une idée, enfin, quelque chose à quoi se raccrocher parce que là, tout de suite, ils sont sérieusement dans la merde. Et s’il y a quelque chose de pire que l’hippopotomonstrosesquippedaliophobie, ce serait bien la phasmophobie. Car celle-là, même si on apprend à l’écrire et à la dire, elle ne disparaît pas, non non.

Et quelle idée, aussi, de continuer les chasses aux fantômes dans une école hantée. Il faudra bien qu’un jour, ils tombent vraiment sur un esprit pas content, esprit tout faite péter. Il avait juste espéré que ce ne serait pas dans ces circonstances.



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